Les déterminants économiques de la fécondité dans les pays de l’OCDE

L’objet de cette étude est de comprendre l’influence de variables économiques et politiques sur la fécondité dans les pays de l’OCDE entre 1990 et 2019, en distinguant, via un modèle ARDL de panel, les effets courts et longs termes. Le modèle utilisé associe la décision de procréer à l’intégration des femmes sur le marché du travail, à la confiance des individus en l’avenir économique, au taux de chômage, aux dépenses publiques liées aux politiques familiales et aux prix réels de l’immobilier.

L’intégration des femmes sur le marché du travail est identifiée, à court et à long terme, comme un facteur clé de la fécondité dans les pays de l’OCDE. Une plus grande participation des femmes dans la sphère économique est associée, sur le long terme, à une hausse de la fécondité et à une avancée dans l’âge moyen de procréation dans notre modèle. La difficulté pour les femmes de pouvoir concilier une carrière professionnelle et un engagement familial s’inscrit ainsi comme un frein important de la fécondité dans les pays de l’OCDE. La transition vers une société où les projets familiaux et professionnels des femmes ne sont plus en contradiction se fait conjointement avec des normes sociales moins traditionnelles et une plus grande égalité des sexes dans la sphère privée et publique. Dans ce contexte, les politiques familiales participent à cette transition et permettent plus facilement aux femmes de combiner les deux projets. Ces politiques en soutien aux familles agissent positivement et durablement sur la fécondité tout en permettant une plus grande participation des femmes à l’activité économique. Les politiques familiales s’avèrent être particulièrement efficaces pour les jeunes générations, plus sensibles à la réduction des coûts directs et indirects liés à la parentalité. Parmi les différentes politiques publiques en soutien aux familles, les politiques de services permettent, sur le long terme, une plus grande fécondité et une plus grande intégration des femmes sur le marché du travail que les soutiens financiers directs.

La stabilité de l’emploi et la sécurité économique perçues par les individus s’inscrivent comme des facteurs importants dans la variation de la fécondité. Le chômage et les prix de l’immobilier présentent avant tout un effet conjoncturel et temporaire, retardant à la fois les naissances et la fécondité à court terme. L’indicateur de confiance en l’avenir apparaît comme un facteur structurel important de la fécondité.

Les jeunes générations s’avèrent être plus sensibles aux variables de notre modèle. Les politiques familiales ou encore le chômage affectent tout particulièrement les plus jeunes, plus sensibles aux coûts directs et indirects liés à la parentalité. Les plus jeunes générations présentent aussi une inertie plus grande par rapport à un choc de nos variables et tendent à revenir à une fécondité normale plus lentement que les autres générations après un choc.

La significativité de notre modèle change en fonction de l’ordre de naissance. Alors que les deuxièmes et troisièmes naissances sont sensibles aux contextes économiques et politiques, nos variables sont à l’inverse moins pertinentes pour expliquer le choix d’avoir un premier enfant.

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